Sextus Pomponius, Manuel au Digeste, I, II, 2 § 16-28 par Benjamin Karouby

Manuel de Sextus Pomponius

Digeste, I, II, 2 § 16-28

16. Après l’expulsion des rois, on créa deux consuls, et on porta une loi qui leur donna l’autorité souveraine. Cependant, pour qu’ils n’usurpassent pas en tout l’autorité royale, on établit, par une loi, qu’il y aurait appel de leurs jugements, et qu’ils ne pourraient point condamner un citoyen romain à une peine capitale, sans l’ordre du peuple : on leur laissa seulement le droit de corriger les citoyens, et même de les faire emprisonner.

17. Puis ensuite comme déjà très longtemps le cens devait être fait, et que les consuls n’y suffisaient pas, des censeurs ont été institués pour cette fonction.

18. Le peuple ayant ensuite augmenté, comme naissaient de fréquentes guerres et que certaines étaient livrées plus âpres par les voisins, de temps en temps, quand l’affaire l’exigeait, il fut décidé d’instituer un magistrat de pouvoir supérieur. Ainsi apparurent les dictateurs, dont il n’y eut pas droit d’appeler, et à qui fut donné même le droit de prononcer la peine capitale. Ce magistrat, puisqu’il avait le pouvoir suprême, il n’était pas permis de la conserver au-delà du sixième mois. Et à ces dictateurs étaient adjoints des maîtres de cavaliers.

[…]

20. Dans les mêmes temps, comme la plèbe s’était séparée des patriciens, vers la dix-septième année après l’expulsion des rois, elle s’attribua sur le Mont Sacré des tribuns, qui devaient être des magistrats plébéiens. […]

21. De même pour avoir des personnes à la tête des temples où la plèbe déposait ses plébiscites, on en institua deux de la plèbe, qui furent appelés aussi édiles.

22. Ensuite, comme le trésor du peuple commençait à s’augmenter, on institua des questeurs qui jugeaient dans les affaires capitales ; parc que, comme nous avons dit, les consuls ne pouvaient point juger dans ces matières, sans l’ordre du peuple. On les nomma questeurs du meurtre : la Loi des XII Tables en fait mention.

[…]

26. Ensuite comme il avait été décidé de créer aussi des consuls plébéiens, ils commencèrent à être institués de l’un et l’autre corps. Alors, pour que les patriciens aient quelque chose de plus, il fut décidé d’instituer deux [magistrats] du nombre des patriciens. Ainsi furent créés les édiles curules.

27. Les consuls étant souvent éloignés de la ville par les guerres, il ne restait personne à Rome qui pût rendre la justice. On créa un préteur qui fut appelé préteur de ville, parce qu’il exerçait sa juridiction dans la ville.

28. L’affluence des étrangers dans la ville rendit, au bout d’un certain temps, ce préteur insuffisant. On en nomma un autre, appelé préteur des étrangers, parce qu’il rendait ordinairement la justice aux étrangers.

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Sextus Pomponius, Manuel au Digeste, I, II, 2 § 16-28

Manuel de Sextus Pomponius

Digeste, I, II, 2 § 16-28

16. Après l’expulsion des rois, on créa deux consuls, et on porta une loi qui leur donna l’autorité souveraine. Cependant, pour qu’ils n’usurpassent pas en tout l’autorité royale, on établit, par une loi, qu’il y aurait appel de leurs jugements, et qu’ils ne pourraient point condamner un citoyen romain à une peine capitale, sans l’ordre du peuple : on leur laissa seulement le droit de corriger les citoyens, et même de les faire emprisonner.

17. Puis ensuite comme déjà très longtemps le cens devait être fait, et que les consuls n’y suffisaient pas, des censeurs ont été institués pour cette fonction.

18. Le peuple ayant ensuite augmenté, comme naissaient de fréquentes guerres et que certaines étaient livrées plus âpres par les voisins, de temps en temps, quand l’affaire l’exigeait, il fut décidé d’instituer un magistrat de pouvoir supérieur. Ainsi apparurent les dictateurs, dont il n’y eut pas droit d’appeler, et à qui fut donné même le droit de prononcer la peine capitale. Ce magistrat, puisqu’il avait le pouvoir suprême, il n’était pas permis de la conserver au-delà du sixième mois. Et à ces dictateurs étaient adjoints des maîtres de cavaliers.

[…]

20. Dans les mêmes temps, comme la plèbe s’était séparée des patriciens, vers la dix-septième année après l’expulsion des rois, elle s’attribua sur le Mont Sacré des tribuns, qui devaient être des magistrats plébéiens. […]

21. De même pour avoir des personnes à la tête des temples où la plèbe déposait ses plébiscites, on en institua deux de la plèbe, qui furent appelés aussi édiles.

22. Ensuite, comme le trésor du peuple commençait à s’augmenter, on institua des questeurs qui jugeaient dans les affaires capitales ; parc que, comme nous avons dit, les consuls ne pouvaient point juger dans ces matières, sans l’ordre du peuple. On les nomma questeurs du meurtre : la Loi des XII Tables en fait mention.

[…]

26. Ensuite comme il avait été décidé de créer aussi des consuls plébéiens, ils commencèrent à être institués de l’un et l’autre corps. Alors, pour que les patriciens aient quelque chose de plus, il fut décidé d’instituer deux [magistrats] du nombre des patriciens. Ainsi furent créés les édiles curules.

27. Les consuls étant souvent éloignés de la ville par les guerres, il ne restait personne à Rome qui pût rendre la justice. On créa un préteur qui fut appelé préteur de ville, parce qu’il exerçait sa juridiction dans la ville.

28. L’affluence des étrangers dans la ville rendit, au bout d’un certain temps, ce préteur insuffisant. On en nomma un autre, appelé préteur des étrangers, parce qu’il rendait ordinairement la justice aux étrangers.

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Les magistratures de la République romaine

Les magistratures de la République romaine

 

« Je pense que la meilleure constitution est celle qui réunit en de juste proportion les trois modes de gouvernement : le monarchique, le gouvernement de l’élite et le populaire. »

« S’il n’y a pas d’équilibre dans la Cité et des lois et des fonctions et des charges de telle façon que les magistrats aient assez de pouvoir, le conseil des grands assez d’autorité, le peuple assez de liberté ; le régime ne peut avoir de stabilité. » Continuer la lecture de « Les magistratures de la République romaine »

Les institutions oligarchiques de la République romaine

Les institutions oligarchiques de la République romaine

« Je pense que la meilleure constitution est celle qui réunit en de juste proportion les trois modes de gouvernement : le monarchique, le gouvernement de l’élite et le populaire », écrit Cicéron dans le De Re Publica. Cette description correspond à la République romaine. Celle-ci devient progressivement populaire, avec l’accès des plébéiens aux magistratures, mais elle reste tout de même une république oligarchique dans laquelle il y a un savant équilibre des pouvoirs que décrivent Polybe et Cicéron. Cet équilibre des pouvoirs est même présent dans la devise romaine : SPQR, senatus populusque romanum. Continuer la lecture de « Les institutions oligarchiques de la République romaine »