La propriété chez Rousseau (part.1/2)

                                INTRODUCTION

Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) est certainement un penseur politique original. De tous les jusnaturalistes, il est sans doute le plus critique de la société de son temps. Pour cela, il voit le besoin d’un changement plus profond que ses confrères pour en résoudre les problèmes sociaux. Il défend une démocratie radicale, ce qui lui vaut d’être idolâtré par les jacobins, principalement Robespierre et Marat.[1]

Sa conception de la propriété est une des causes qui l’a amené à présenter une philosophie politique totalement innovatrice. Elle a une place essentielle dans son œuvre. C’est à partir de sa conception de la propriété que nous pouvons comprendre ses formulations sur l’égalité et la liberté humaine, parce que sa conception de l’État et de la démocratie sont intimement liés aux conséquences venues de la propriété.

Dans ce travail, nous traiterons dans la première partie des effets que causent la propriété dans le monde des hommes, et dans la deuxième partie son existence dans une société égalitaire.

PREMIÈRE PARTIE : PROPRIÉTÉ ET INÉGALITÉ

Comme tous les autres jusnaturalistes, Rousseau part de l’abstraction de l’état de nature pour concevoir son système philosophique. Ces philosophes ont procédé comme cela pour justifier la nécessité de l’État pas comme l’attribution d’une divinité, mais comme un besoin propre de l’homme.[2] Dans l’état de nature conçu par Rousseau, il y a uniquement des inégalités naturelles, établies par la nature même. [3] La création de la propriété est le facteur fondamental pour l’altération de ces conditions et pour la création de la société civile. Dans ce sens-là, la première partie du travail a pour but d’expliciter ce qu’est l’état de nature chez Rousseau (Section 1) et la création de la société civile et de l’inégalité morale ou politique causée par la propriété (Section 2).

Section 1 – L’état de nature chez Rousseau

Pour connaître l’homme et ses institutions, Rousseau considère nécessaire de connaître la vraie essence humaine. Comme il le dit : « démêler ce qu’il y a d’originaire et d’artificiel dans la nature actuelle de l’homme. » En somme, comme d’autres jusnaturalistes, comprendre la vraie essence humaine c’est comprendre l’état de nature.[4]

Pour arriver à cette connaissance, Rousseau dit qu’il n’est pas important d’analyser les recherches historiques, car elles ne pourraient donner qu’une vision partielle sur le sujet. Pour lui, l’unique moyen possible pour cela est l’observation propre de la nature.[5]

Par ce recours, Rousseau a conçu l’état de nature d’une manière totalement différente des tous les autres philosophes qui, comme il le dit : « ont transporté à l’état de nature des idées qu’ils avaient prises dans la Société. »[6] La première partie de son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes se concentre exactement sur la destruction de la fausse conception que les philosophes ont écrit avant lui sur l’état de nature.[7]

Pour lui, l’homme dans l’état de nature est un être primitif, c’est-à-dire sans relations morales. La sociabilité n’était pas établie de la même façon qu’aujourd’hui, où les hommes sont dépendants les uns des autres. Rousseau pense exactement le contraire. L’homme à l’époque cherchait seulement la propre subsistance individuelle, sans même chercher à créer de famille.[8]

Par ce manque d’association, l’homme était fragile, et contrairement à ce que pense Hobbes, il n’était pas capable d’être naturellement mauvais. Rousseau considère que : « rien n’est si timide que l’homme dans l’état de nature, et qu’il est toujours tremblant, et prêt à fuir au moindre bruit qui le frappe, au moindre mouvement qu’il aperçoit. »[9]

Dans ce monde-là, l’homme était guidé primordialement par la pitié. À cause de son instinct d’auto-préservation, l’homme présentait une « répugnance naturelle à voir périr ou souffrir tout être sensible et principalement nos semblables. » La pitié est affirmée par le philosophe comme le principe organisateur de l’état de nature. Comme affirme Rousseau :

C’est elle [la pitié] qui, dans l’état de nature, tient lieu de lois, de mœurs, et de vertu, avec cet avantage que nul n’est tenté de désobéir à sa douce voix : c’est elle qui détournera tout sauvage robuste d’enlever à un faible enfant, ou à un vieillard infirme, sa subsistance acquise avec peine, si lui-même espère pouvoir trouver la sienne ailleurs ; c’est elle qui, au lieu de cette maxime sublime de justice raisonnée : Fais à autrui comme tu veux qu’on te fasse, inspire à tous les hommes cette autre maxime de bonté naturelle bien moins parfaite, mais plus utile peut-être que la précédente : Fais ton bien avec le moindre mal d’autrui qu’il est possible.[10]

Dans ce monde les hommes vivaient probablement les plus heureux, en l’absence des sentiments de notre société actuelle, comme par exemple la vanité, le mépris et la notion du tien et du mien. C’est ce monde-là qui va être bouleversé par la création de la propriété privée.

Nous parlerons de cette altération dans la prochaine section.

Section 2 – Propriété privée et inégalité morale ou politique

Entre l’état de nature et la société civile, l’humanité est passée par plusieurs processus. L’affrontement des difficultés quotidiennes a donné à l’homme la capacité de valoriser les éléments naturels et de ratiociner.[11] C’est à partir du développement de cette capacité rationnelle que l’homme a initié les premières formes de société.[12]

À partir de ces premiers progrès, l’homme commence une évolution de plus en plus rapide. Le progrès de la raison amène le développement des instruments de production et vice-versa. Sa capacité à comprendre la nature augmente au point qu’il peut commencer à créer les premières formes de propriétés, les maisons. Comme le dit Rousseau :

Ces premiers progrès mirent enfin l’homme à portée d’en faire de plus rapides. Plus l’esprit s’éclairait, et plus l’industrie se perfectionna. Bientôt cessant de s’endormir sous le premier arbre, ou de se retirer dans des cavernes, on trouva quelques sortes de haches de pierres dures et tranchantes, qui servirent à couper du bois, creuser la terre et faire des huttes de branchages, qu’on s’avisa ensuite d’enduire d’argile et de boue. Ce fut là l’époque d’une première révolution qui forma l’établissement et la distinction des familles, et qui introduisit une sorte de propriété ; d’où peut-être naquirent déjà bien des querelles et des combats.[13]

Ce processus est arrivé à un niveau encore plus grand avec la découverte de l’agriculture. L’agriculture est une activité qui suppose un travail collectif pour sa réalisation. Pour résoudre la division des fruits du travail, les hommes ont commencé à créer les premières notions de justice. Le premier critère conçu par Rousseau est que le travail garantit la possession de la terre qui, avec son renouvèlement dans le temps, devient la propriété de celui qui la cultive.[14]

Rousseau pense que si les qualités individuelles et la consommation de moyens de subsistance étaient égales pour tous, le monde pourrait rester dans un état d’égalité pleine. Pour cette raison, Rousseau dit que ce moment-là était probablement le plus heureux pour l’humanité.[15]

Pourtant, cette égalité n’a pas été conservée éternellement, car « le plus fort faisait plus d’ouvrage ; le plus adroit tirait meilleur parti du sien ; le plus ingénieux trouvait des moyens d’abréger le travail. »  La propriété a donné aux hommes une soif de pouvoir et une ambition d’augmenter la fortune, ce qui a créé la concurrence. Celle-ci est le premier effet de la propriété sur le monde des hommes.[16]

Avec la concurrence, les fortunes ont augmenté et les pauvres ont eu la nécessité de passer par les riches pour subsister – en volant ou en rentrant en servitude. Pour Rousseau, c’est le début de la servitude et de la domination. Voilà l’origine de l’inégalité sociale ou politique, une inégalité qui va au-delà de l’inégalité naturelle.[17]

Le moment de la création de l’inégalité politique ou sociale est aussi le moment où la nature humaine se transforme. La pitié est complètement effacée de la société humaine et les hommes deviennent « avares, ambitieux et méchants. » Ainsi, pour Rousseau, c’est le début de l’état de guerre.[18]

Après être rentrés dans cette situation, les hommes ont commencé à comprendre que la guerre n’était avantageuse pour personne. Principalement les riches, qui avaient l’obligation d’en payer toutes les dépenses et qui devaient risquer leur vie et leur propriété.[19]

Ainsi naît ce que Rousseau qualifie de « projet le plus réfléchi qui soit jamais entré dans l’esprit humain » – l’État politique et le Droit. Selon lui, l’État est un projet idéalisé par les riches. Plus spécifiquement une façon « d’employer en sa faveur les forces mêmes de ceux qui l’attaquaient, de faire ses défenseurs de ses adversaires. »[20]

Donc, pour Rousseau, les lois sont le fruit d’un discours que les riches ont employé pour arrêter l’état de guerre et consolider leur suprématie sociale. Comme il l’écrit :

Unissons-nous, leur dit-il, pour garantir de l’oppression les faibles, contenir les ambitieux, et assurer à chacun la possession de ce qui lui appartient. Instituons des règlements de justice et de paix auxquels tous soient obligés de se conformer, qui ne fassent acception de personne, et qui réparent en quelque sorte les caprices de la fortune en soumettant également le puissant et le faible à des devoirs mutuels. En un mot, au lieu de tourner nos forces contre nous-mêmes, rassemblons-les en un pouvoir suprême qui nous gouverne selon de sages lois, qui protège et défende tous les membres de l’association, repousse les ennemis communs et nous maintienne dans une concorde éternelle.

Il en fallut beaucoup moins que l’équivalent de ce discours pour entraîner des hommes grossiers, faciles à séduire, qui d’ailleurs avaient trop d’affaires à démêler entre eux pour pouvoir se passer d’arbitres, et trop d’avarice et d’ambition, pour pouvoir longtemps se passer de maîtres. Tous coururent au-devant de leurs fers croyant assurer leur liberté ; car avec assez de raison pour sentir les avantages d’un établissement politique, ils n’avaient pas assez d’expérience pour en prévoir les dangers ; les plus capables de pressentir les abus étaient précisément ceux qui comptaient d’en profiter, et les sages mêmes virent qu’il fallait se résoudre à sacrifier une partie de leur liberté à la conservation de l’autre, comme un blessé se fait couper le bras pour sauver le reste du corps.[21]

De fait, pour Rousseau, l’état politique et les lois sont le résultat d’une convention défavorable entre les pauvres et les riches. Son existence n’a pas pour but de garantir la justice et l’égalité, mais de conserver la propriété des plus riches. Comme il le dit :

Telle fut, ou dut être, l’origine de la société et des lois, qui donnèrent de nouvelles entraves au faible et de nouvelles forces au riche, détruisirent sans retour la liberté naturelle, fixèrent pour jamais la loi de la propriété et de l’inégalité, d’une adroite usurpation firent un droit irrévocable, et pour le profit de quelques ambitieux assujettirent désormais tout le genre humain au travail, à la servitude et à la misère.[22]

Dans ce point-là, Rousseau se détache de tous les autres contractualistes. Pour lui, la société politique n’a pas été créée par un acte libre de volonté des individus. Elle naît d’une convention entre tous les hommes, mais c’est à la base une proposition des riches pour garantir la sécurité de leurs vies et propriétés. Selon le juriste Alysson Mascaro : « [Rousseau] est, dans la théorie contractualiste moderne, le coup de vérité, au niveau économique de sa propre société ».[23]

Nous constatons ici que la conception de la propriété chez Rousseau a une place centrale pour la compréhension de sa théorie politique. C’est parce qu’il lui accorde une grande importance qu’il commence son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes avec cette exclamation :

Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne.[24]

L’inégalité, qui avait une influence presque nulle dans l’état de nature, est devenue beaucoup plus forte avec la création de la propriété. [25] Aussi l’État, thème qu’il va traiter exhaustivement dans ses œuvres, est une conséquence directe de la création de la propriété dans le monde des hommes.

Sources

[1] M. Nascimento, Rousseau: da servidão à liberdade, In: Os Clássicos da Política, vol. 1, Ática, São Paulo, 2004, p. 194

[2] F. J. S. TEIXEIRA, Economia e Filosofia no pensamento político moderno, Pontes, Fortaleza: Universidade Estadual do Ceará, 1995, p. 35

[3] Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Paris, Flammarion, 1992, p. 168 – Ces inégalités sont : « la différence des âges, de la santé, des forces du corps, et des qualités de l’esprit, ou de l’âme. »

[4] Ibid., p. 159

[5] Ibid., p. 169 – « O homme, de quelque contrée que tu sois, quelles que soient tes opinions, écoute. Voici ton histoire telle que j’ai cru la lire, non dans les livres de tes semblables qui sont menteurs, mais dans la nature qui ne ment jamais. »

[6] Ibid., p. 168

[7] Ibid., p. 218-219 « Si je me suis étendu si longtemps sur la supposition de cette condition primitive, c’est qu’ayant d’anciennes erreurs et des préjugés invétérés à détruire, j’ai cru devoir creuser jusqu’à la racine, et montrer dans le tableau du véritable état de nature combien l’inégalité, même naturelle, est loin d’avoir dans cet état autant de réalité et d’influence que le prétendent nos écrivains. »

[8] Ibid., p. 199 – « dans cet état primitif, n’ayant ni maison, ni cabanes, ni propriété d’aucune espèce, chacun se logeait au hasard, et souvent pour une seule nuit ; les mâles, et les femelles s’unissaient fortuitement selon la rencontre, l’occasion, et le désir. »

[9] Ibid., p. 176

[10] Ibid., p. 214-215

[11] Ibid., p. 223 – « Telle fut la condition de l’homme naissant ; telle fut la vie d’un animal borné d’abord aux pures sensations, et profitant à peine des dons que lui offrait la nature, loin de songer à lui rien arracher ; mais il se présenta bientôt des difficultés, il fallut apprendre à les vaincre : la hauteur des arbres qui l’empêchait d’atteindre à leurs fruits, la concurrence des animaux qui cherchaient à s’en nourrir, la férocité de ceux qui en voulaient à sa propre vie, tout l’obligea de s’appliquer aux exercices du corps ; il fallut se rendre agile, vite à la course, vigoureux au combat. […] Dans les forêts ils se firent des arcs et des flèches, et devinrent chasseurs et guerriers. Dans les pays froids ils se couvrirent des peaux des bêtes qu’ils avaient tuées. Le tonnerre, un volcan, ou quelque heureux hasard, leur fit connaître le feu, nouvelle ressource contre la rigueur de l’hiver : ils apprirent à conserver cet élément, puis à le reproduire, et enfin à en préparer les viandes qu’auparavant ils dévoraient crues. Cette application réitérée des êtres divers à lui-même, et les uns aux autres, dut naturellement engendrer dans l’esprit de l’homme les perceptions de certains rapports. Ces relations que nous exprimons par les mots de grand, de petit, de fort, de faible, de vite, de lent, de peureux, de hardi, et d’autres idées pareilles, comparées au besoin, et presque sans y songer, produisirent enfin chez lui quelque sorte de réflexion, ou plutôt une prudence machinale qui lui indiquait les précautions les plus nécessaires à sa sûreté. »

[12]Ibid., p. 224-225 « Quoique ses semblables ne fussent pas pour lui ce qu’ils sont pour nous, et qu’il n’eût guère plus de commerce avec eux qu’avec les autres animaux, ils ne furent pas oubliés dans ses observations. Les conformités que le temps put lui faire apercevoir entre eux, sa femelle et lui-même, le firent juger de celles qu’il n’apercevait pas, et voyant qu’ils se conduisaient tous, comme il aurait fait en de pareilles circonstances, il conclut que leur manière de penser et de sentir était entièrement conforme à la sienne, et cette importante vérité, bien établie dans son esprit, lui fit suivre par un pressentiment aussi sûr et plus prompt que la dialectique les meilleures règles de conduite que pour son avantage et sa sûreté il lui convînt de garder avec eux. »

[13] Ibid., p. 225-226

[14] Ibid., p. 234 – « C’est le seul travail qui donnant droit au cultivateur sur le produit de la terre qu’il a labourée lui en donne par conséquent sur le fond, au moins jusqu’à la récolte, et ainsi d’année en année, ce qui faisant une possession continue, se transforme aisément en propriété. »

[15] Ibid., p. 229 – « Ainsi quoique les hommes fussent devenus moins endurants, et que la pitié naturelle eût déjà souffert quelque altération, cette période du développement des facultés humaines, tenant un juste milieu entre l’indolence de l’état primitif et la pétulante activité de notre amour-propre, dut être l’époque la plus heureuse et la plus durable. »

[16] Ibid., p.236 « Enfin l’ambition dévorante, l’ardeur d’élever sa fortune relative, moins par un véritable besoin que pour se mettre au-dessus des autres, inspire à tous les hommes un noir penchant à se nuire mutuellement, une jalousie secrète d’autant plus dangereuse que, pour faire son coup plus en sûreté, elle prend souvent le masque de la bienveillance ; en un mot, concurrence et rivalité d’une part, de l’autre opposition d’intérêt, et toujours le désir caché de faire son profit aux dépens d’autrui, tous ces maux sont le premier effet de la propriété et le cortège inséparable de l’inégalité naissante. »

[17] Ibid., p. 236 « Avant qu’on eût inventé les signes représentatifs des richesses, elles ne pouvaient guère consister qu’en terres et en bestiaux, les seuls biens réels que les hommes puissent posséder. Or quand les héritages se furent accrus en nombre et en étendue au point de couvrir le sol entier et de se toucher tous, les uns ne purent plus s’agrandir qu’aux dépens des autres, et les surnuméraires que la faiblesse ou l’indolence avaient empêchés d’en acquérir à leur tour, devenus pauvres sans avoir rien perdu, parce que, tout changeant autour d’eux, eux seuls n’avaient point changé, furent obligés de recevoir ou de ravir leur subsistance de la main des riches, et de là commencèrent à naître, selon les divers caractères des uns et des autres, la domination et la servitude, ou la violence et les rapines. »

[18] Ibid., p. 237 – « La société naissante fit place au plus horrible état de guerre : le genre humain avili et désolé, ne pouvant plus retourner sur ses pas ni renoncer aux acquisitions malheureuses qu’il avait faites et ne travaillant qu’à sa honte, par l’abus des facultés qui l’honorent, se mit lui-même à la veille de sa ruine. »

[19] Ibid., p. 237 – « Il n’est pas possible que les hommes n’aient fait enfin des réflexions sur une situation aussi misérable, et sur les calamités dont ils étaient accablés. Les riches surtout durent bientôt sentir combien leur était désavantageuse une guerre perpétuelle dont ils faisaient seuls tous les frais et dans laquelle le risque de la vie était commun et celui des biens, particulier. »

[20] Ibid., p. 238

[21] Ibid., p. 238-239

[22] Ibid., p. 239

[23] A. MASCARO, Introdução à Filosofia do direito: Dos Modernos aos Contemporâneos, 1.ª ed. São Paulo: Atlas, 2002, p. 204

[24] Ibid., p. 222

[25] Ibid., p. 257 – « Il suit de cet exposé que l’inégalité, étant presque nulle dans l’état de nature, tire sa force et son accroissement du développement de nos facultés et des progrès de l’esprit humain et devient enfin stable et légitime par l’établissement de la propriété et des lois. »

 

Auteur : Iago Macedo

Brésilien, Historien des idées politiques.

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